Cauchemar (résolu) en cuisine

Chaque année, c’est la même galère pour celui qui reçoit pour le réveillon de Nouvel an : il faut trouver un plat original à préparer, qui n’a pas déjà été proposé auparavant. Et, bien évidemment, une forme de compétition est née avec les années, chacun plaçant la barre plus haut, année après année, pour proposer un plat plus original, ou plus fin, ou plus rare. C’est pourquoi je n’étais vraiment pas pressé que ce soit à nouveau à mon tour d’inviter. Un collègue m’a cependant tiré d’embarras en me conseillant une solution : participer à un cours de cuisine qu’il avait suivi, et où chaque participant est invité à découvrir un aliment inconnu et, bien sûr, à le cuisiner. Ni une ni deux, je me suis donc lancé dans l’aventure, et c’est ainsi que mes invités auront droit, cette année, à une sériole de Méditerranée. On rencontre ce poisson dans les océans Indien et Pacifique, en Méditerranée, dans les Caraïbes et le long des cotes est de l’Amérique du Nord et du Sud. La sériole est donc assez courante (elle est d’ailleurs appelée, aux Etats-Unis, le thon du Golfe). Pour autant, la sériole n’est pas une proie facile, même pour un pêcheur chevronné. C’est un carnivore qui se nourrit de poissons plus petits que lui et qui peut mesurer jusqu’à 2 mètres de long et peser 90 kg ! Au Japon et ailleurs, il existe des élevages de sérioles à buts commerciaux. Les poissons bénéficient d’un régime spécial afin d’avoir une chair particulièrement savoureuse, car celle-ci sert à confectionner les sushis. La sériole est un poisson élancé à la chair dense. Ses filets peuvent atteindre 2,5 cm d’épaisseur, voire davantage et peuvent être servis sous forme de carpaccio. Je pense le cuisiner de différentes manières pour profiter de toutes ses possibilités. Par exemple, aux Etats-Unis, ses filets sont généralement grillés ou frits. Au Japon, ils entrent surtout dans la composition des sushis, notamment dans celle des nigni, qui se composent de riz et de poisson cru. Les cuisiniers japonais reçoivent une longue formation avant de parvenir à confectionner ces derniers. Ce qui m’a séduit dans ce poisson, c’est cette la chair blanc pâle, qui est ferme et exquise. Elle fond littéralement dans la bouche. Elle bénéficie à mon sens d’une saveur plus prononcée que la limande ou le rouget, et elle possède un léger goût de mer, tout en restant douce. Grâce à ce petit cours de cuisine de derrière les fagots, la préparation du Nouvel an ne m’apparait plus comme une corvée. C’est même avec une certaine impatience que je l’attends, curieux de voir quelles réactions suscitent mes nouvelles compétences culinaires. Pour en savoir plus, c’est sur le guide de cours de cuisine. Suivez le lien.