Défendre les droits humains en Inde

En janvier de l’année dernière, le ministère de l’Intérieur indien a indiqué avoir refusé de renouveler l’autorisation pour People’s Watch de recevoir des fonds de l’étranger, car cette ONG aurait présenté le bilan du pays en matière de droits humains « sous un angle négatif » à l’international. En mars, G. N. Saibaba, militant et universitaire, et quatre autres hommes ont été déclarés coupables d’appartenance et de soutien à un groupe maoïste interdit et condamnés à la réclusion à perpétuité par un tribunal du Maharashtra. Reposant essentiellement sur des lettres, des tracts et des vidéos, cette sentence a été prononcée aux termes de la Loi relative à la prévention des activités illégales, qui ne satisfait pas aux normes internationales en matière de droits humains. Toujours en mars, Jailal Rathia, militant adivasi, est mort à Raigarh (État du Chhattisgarh) ; il aurait été empoisonné par un groupe foncier mafieux contre lequel il luttait. Le mois suivant, Varsha Dongre, membre de l’administration pénitentiaire de la prison centrale de Raipur (Chhattisgarh), a été mutée après avoir écrit sur Facebook qu’elle avait vu des policiers torturer des filles adivasis. En mai, quatre hommes ont été arrêtés à Chennai, puis maintenus en détention administrative pendant plus de trois mois pour avoir tenté d’organiser une cérémonie en mémoire de Tamouls tués pendant la guerre civile au Sri Lanka. Toujours en mai, la police de l’État de l’Odisha a procédé à l’arrestation de Kuni Sikaka, militante adivasi opposée à l’extraction de bauxite dans les collines de Niyamgiri, et ne l’a relâchée qu’après l’avoir présentée aux journalistes comme une maoïste qui s’était rendue. En août, la militante Medha Patkar et trois autres personnes ont été appréhendées sur la base d’accusations forgées de toutes pièces et détenues pendant plus de deux semaines. Elles protestaient contre le fait que les familles touchées par le projet de construction du barrage de Sardar Sarovar (voir ci-après) n’avaient pas été réinstallées ni dédommagées correctement.