L’aval des filières alimentaires grand gagnant de la répartition de la valeur

Plusieurs méthodes, dont l’euro alimentaire, permettent désormais une reconstitution théorique de la ventilation de la valeur économique le long des chaînes, depuis la production agricole jusqu’à la consommation des produits alimentaires. Il apparaît que les gains de productivité importants réalisés au niveau agricole entre 1980 et 2005 ont servi à financer les facteurs internes (essentiellement l’outil de production), dans un contexte de forte réduction de l’emploi agricole et de versements directs de la PAC. Si ces gains ont permis une baisse sensible des prix payés par les industriels, ils n’ont pas été entièrement transmis aux maillons aval des filières, et les consommateurs semblent avoir peu profité de cette évolution. Sur les 10 dernières années, les estimations menées par l’Observatoire de la Formation des Prix et des Marges sur les produits vendus en grande distribution montrent une tendance à l’augmentation des marges brutes des supermarchés et industriels (exprimées en euros courants) alors que celle des agriculteurs a tendance à régresser sur une majorité de produits. Des différences d’analyse peuvent exister, suivant que l’on regarde l’évolution de la répartition de la valeur en pourcentage ou en euros. Ainsi, une baisse du pourcentage pour un maillon de la chaîne peut néanmoins correspondre à une hausse de sa marge brute en euros si le prix consommateur a fortement augmenté sur la même période. Si l’Observatoire de la formation des prix et des marges a réussi à modéliser les chaînes de valeur liées aux enseignes de grande distribution, et les répartitions des couts et des marges correspondantes, il n’existe pas de travaux similaires sur les autres circuits de distribution : artisanat et restauration notamment. Sur la base d’autres projets comme REALISAB (Restauration et Approvisionnement Local : Identifier des Systèmes Adaptés aux Besoins) et certaines données complémentaires, il semblerait que la répartition de la valeur varie en fonction des circuits de distribution, du niveau d’intégration de la chaîne de valeur par un acteur donné, et plus généralement du nombre de maillons de la chaîne. Néanmoins, il y a un grand manque de données quantitatives sur ce point.