Quand les économistes se querellent

Il y a quelques jours, un congrès consacré à l’économie. Le séminaire n’était en rien inoubliable, si ce n’est que l’un des intervenants a apporté une réponse piquante à une critique souvent émise aux analystes économiques : la pensée que l’économie est une matière incertaine. La réponse apportée était la suivante. En économie, il est important dee séparer l’économie positive de l’économie normative. Même si tous les économistes se mettaient d’accord sur une analyse économique positive quant au fonctionnement de la société, il y aurait encore une place importante pour des débats à propos des recommandations normatives, édifiées par des jugements de valeur qui peuvent différer. La plupart des débats entre analystes se situe en réalité dans ce second domaine. Et il n’est pas plus exceptionnel de découvrir des désaccords cruciaux et constants en ce qui concerne l’économie positive. Les occasions dans lesquelles l‘économie peut devenir une science expérimentale sont rares. Pour prendre un exemple, il serait exagérément dispendieux de mettre au chômage 50 % de la population dans le seul but de voir comment l’économie fonctionne dans une telle situation. Comme il est assez compliqué d’effectuer de telles expériences, les économistes sont par conséquent contraints de chercher à isoler divers facteurs dans les données anciennes. L’utilisation de statistiques sur un grand nombre d’années appuie l’éclaircissement, mais amène un nouveau problème. Les institutions et les attitudes changeant au fil du temps, il se peut que des données appartenant au passé ne soient plus adaptées pour interpréter le comportement actuels. En somme, les problèmes auxquels les économistes sont confrontés sont difficiles et ils peuvent seulement faire de leur mieux. Ce séminaire à Lisbonne s’est achevé sur une remarque très juste : la plupart des gens lambdas concède ne pas s’y connaître vraiment en physique quantique ; mais chacun pense qu’il en connaît un bout en ce qui concerne les problèmes qu’étudie l‘économiste.